Mythes et idées reçues sur le cerveau – 3

Le cerveau et son fonctionnement déchainent de nombreuses passions. Lorsqu’une nouvelle découverte ou une nouvelle étude scientifique est publiée, parfois les médias s’en emparent et les relais au grand public sous des formes simplifiées ou en faisant des raccourcis erronés. Le résultat ? La création de mythes et idées reçues sur le cerveau.

Focus sur trois exemples marquants :

  • Il est possible d’apprendre en dormant

La théorie selon laquelle il est possible d’apprendre en dormant ne date pas d’hier. Dès les années 50, des chercheurs de l’ex-URSS ont mené de nombreuses recherches à ce sujet.

Si certaines de leurs études démontraient des résultats positifs, cela était surtout dû à de gros défauts méthodologiques.

En effet, depuis, aucun scientifique n’a pu reproduire les mêmes résultats. De plus, même si des études récentes tendent à montrer que notre cerveau arriverait à retenir quelques mots ou associations simples durant certaines phases de notre sommeil, il va falloir vraisemblablement trouver une autre méthode pour apprendre quelque chose de manière efficace.

La science nous enseigne aujourd’hui que pour apprendre, il faut être éveillé. Puisque apprendre nécessite des efforts conscients de notre cerveau.
Le sommeil n’en reste pas moins un bon allié. Parce qu’un bon sommeil permet, en effet, de régénérer notre cerveau et de consolider les apprentissages que l’on fait en période d’éveil.

  • Le Brain Gym favorise l’apprentissage

Connaissez-vous le Brain Gym ?

Cette expression, que l’on peut traduire par « Gym du cerveau », est une méthode regroupant un ensemble de mouvements et d’exercices pour muscler et améliorer ses capacités à étudier.
Créée par un enseignant britannique dans les années 1980, cette méthode s’est exportée dans plus de 80 pays et continue encore aujourd’hui à séduire de nombreux éducateurs partout à travers le monde.

Le hic ?

On ne compte plus les campagnes scientifiques la réfutant.

Cette méthode qui se réclame pourtant de la neuroscience, n’a jamais été prouvée et propose des exercices qui n’ont aucune base scientifique. Par exemple, respirer par la narine gauche pour stimuler le côté droit du cerveau.

L’activité physique est bonne pour le cerveau. Cependant, la méthode Brain Gym ne fait pas l’unanimité et n’est pas une recette miracle pour faciliter l’apprentissage.

  • Les jeux vidéo de « Brain Training »  sont efficaces

Vous vous en souvenez surement, de nombreux jeux vidéo spécialisés dans le brain training, ont envahi nos rayons il y a quelques années et sont vites devenus très populaires.
Mais quel est leurs buts ?  Proposer des séries de mini jeux ou d’activités censés améliorer, entretenir ou même rajeunir notre cerveau.

Est-ce un des mythes sur le cerveau ou sont-ils vraiment efficaces pour autant ?


De nombreux scientifiques mènent des études sur ces sujets et les résultats sont loin d’être encourageants.
Par exemple, aux Usa, un collectif de scientifique s’est même mobilisé pour les dénoncer et avertir les consommateurs.

Une étude publiée dans la revue « Nature » en 2010 a comparé les résultats de trois groupes d’individus :

  • Un groupe s’entrainant avec un jeu vidéo de type Brain Training.
    • Des individus s’entrainant avec des exercices de raisonnement classiques
    • Des individus à qui l’on posait des questions banales et qui devait trouver les réponses sur internet.

Au bout de 6 semaines, les trois groupes avaient augmenté leurs scores cognitifs de façon similaire.

Une question se pose également, si répéter mécaniquement des actions va bien nous entrainer à les faire plus rapidement. Cela va-t-il vraiment avoir un impact sur le fonctionnement de notre cerveau au quotidien ? Par conséquent, la réponse semble donc être non pour les jeux de Brain Training, mais les jeux vidéo n’ont pas dit leur dernier mot, et des études plus sérieuses tendent à prouver que les jeux d’actions pourraient améliorer durablement nos capacités à se repérer dans l’espace.

Retrouvez notre volet précédent ici : mythes et idées reçues sur le cerveau- 2.

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