Du papier à l’écran, comment adapter un livre en elearning ?

Pour cet épisode de notre série Education & Digital Learning, nous avons interviewé Thierry Nadisic, un chercheur en sciences du comportement et professeur à l’EM Lyon Business School avec qui nous avons travaillé pour transformer son livre en elearning.

Alors que ses livres se présentaient de façon classique sur papier, il a pu les digitaliser et les compléter avec des quizz et des tests.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de notre échange et sa retranscription.

Vidéo : Comment adapter un livre en elearning ?

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Retranscription :

Est-il plus difficile d’écrire un livre que de construire un certificat 100 % online ?

Mes bouquins je ne les écris pas comme des romans. Ils sont déjà des livres qui représentent une pratique antérieure que je mets en forme. Ils sont assez rapides à écrire car ce que j’écris est ce que j’ai déjà fait pendant plusieurs années en matière de recherches, de conférences, d’interventions et de formation. La formation digitale c’est donc bien plus long parce que ça vise à créer beaucoup d’outils pour activer un contenu. Même si le contenu existe déjà, il faut l’activer de beaucoup de façons très variées et ça demande énormément de créativité, de temps, d’énergie, ce qui est donc très intéressant.

As-tu une technique particulière pour donner envie aux gens de lire tes livres ?

Quand j’écris un livre j’essaie d’avoir quelques sources complémentaires permettant de développer l’intérêt et l’engagement des lecteurs. La première source c’est des connaissances valides acquises scientifiquement par des recherches qui ont été publiées et dont je suis sûr. C’est donc une source en général importante dans mes livres d’engagements des participants parce que ce ne sont pas des opinions mais vraiment des sources scientifiques validées que je présente.

La deuxième source d’engagement qui est importante pour moi est d’écrire le plus simplement possible et de la façon la plus fluide possible en utilisant des comparaisons, des expériences, des choses de la vie quotidienne qui permettent vraiment de s’identifier à ce qui est écrit et de l’utiliser dans sa vie de tous les jours.

Et puis la troisième source que j’utilise pour engager le lecteur c’est des techniques d’activation. Des types d’exercices, des tests, des questions qui amènent à réfléchir, des témoignages, des éléments qui permettent de réfléchir à un plan d’action pour mettre en œuvre une nouvelle compétence. Ce sont ces trois sources qui finalement amènent à engager le lecteur.

Peux-tu appliquer ces méthodes à un parcours de formation digital ?

Pour une formation digitale j’utiliserai finalement les mêmes ingrédients que pour un livre sauf que les possibilités d’activation sont multiples, variées et extrêmement engageantes. Ce n’est pas la lecture d’un roman. C’est vraiment la lecture d’un livre d’action sur ses propres compétences comportementales donc il faut un certain état d’esprit pour que ça marche. Avec la formation digitale, on crée plus facilement la situation favorable pour que ça fonctionne parce qu’il y a beaucoup d’autres outils que la lecture qui va être mise en place.

Il y a de l’image, de l’image animée, de la vidéo, du son, des exercices, de l’interactivité, des travaux de groupe, des sessions ensemble où on peut échanger… Il y a énormément de choses qui vont permettre cet engagement même si ce sont les mêmes ingrédients. Un bouquet final qui est beaucoup plus facile à obtenir.

Quels sont les points communs dans la construction d’un livre et d’un digital learning ?

Quand j’écris un livre j’essaie à la fois de transmettre ce qui me semble vraiment important en matière de nouvelles connaissances, par exemple sur les sentiments de justice au travail. Et j’essaie à la fois de faire en sorte que la lecture soit assez aisée, assez fluide de façon à ce que le lecteur le lise de façon vraiment agréable. Ensuite, j’essaie d’activer des comportements chez lui. Pour cela, je mets des exercices, des exemples et des tests. Ces trois éléments se retrouvent quand même assez fortement dans la digitalisation telle qu’on la connaît. C’est ce qui fait que finalement les objectifs ne sont pas si différents.

Et quelles sont les différences ?

Le programme Digital a beaucoup plus de capacités d’impact qu’un livre. Avec le livre on est obligé de faire confiance au lecteur. Par exemple, il faut qu’il ait l’habitude de faire des exercices et d’avancer tout seul. Alors qu’avec la formation digitale on crée un contexte qui lui est très favorable et même si l’étudiant n’est pas naturellement présent, il vient beaucoup plus facilement.

Retrouvez les autres épisodes de notre série autour de l’elearning : Youtube SmartCanal

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